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Mélanie Vermeersch : l’intelligence collective pour guérir les maux des organisations

J’étais très intriguée par tous ces posts que j’avais vus au printemps et cet été sur les réseaux sociaux : une équipe enthousiaste et pétillante préparait un événement, La Fabrique du Changement… Une certaine Mélanie Vermeersch était derrière tout ça. C’était encore une femme mystérieuse pour moi. On me disait, tu devrais l’appeler, tu devrais l’interviewer dans CRAZY!, elle est là sur le salon, tu vas sûrement la voir. Et puis je ne la croisais jamais. Alors, de retour de vacances, je me suis lancée. Je l’ai appelée et elle m’a répondu : Viens le 25 septembre à notre atelier d’expérience de la Fabrique du Changement, comme ça, tu pourras voir ce que c’est. J’arrive le jour J à la Cité des Echanges à Marcq-en-Baroeul et j’embarque avec une soixantaine de personnes dans une navette spatiale imaginaire qui traverse le temps. Nous nous retrouvons en 2040 en train d’imaginer l’organisation de l’Entreprise du futur : qu’y a-t-il de nouveau, qu’est-ce qui a complètement disparu, qu’est-on heureux de retrouver ? Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser ces 60 personnes d’horizons différents à se retrouver ici un matin (tôt) à rêver ensemble d’une Entreprise meilleure ? La surprise de la découverte, l’envie de contribuer ensemble à construire quelque chose de mieux, un besoin d’authenticité et de se retrouver autour de valeurs communes. 

Mélanie se construit au fur et à mesure de ses rencontres

Mais revenons à la mystérieuse Mélanie. La jeune Mélanie est indécise. Elle sait simplement qu’elle veut aider et transmettre. Au collège, elle est une élève douée dans toutes les matières sauf en sport souligne-t-elle avec malice. Elle s’est imaginée en professeur de mathématiques, en orthophoniste… Elle doit se débrouiller seule pour son orientation professionnelle, car elle est issue d’une famille où l’on ne fait pas de longues études : jusqu’à la génération de ses parents, on ne se posait pas trop de questions, on allait travailler à l’usine. Elle est fière d’être la première petite-fille d’une grande famille d’ouvriers à avoir son baccalauréat. Ses grands-parents paternels ont eu sept enfants, trente petits-enfants, trente arrière-petits-enfants et cinq arrière-arrière-petits-enfants. Mélanie démarre une première année d’université de biologie qui de son propre aveu ne l’emballe pas vraiment. Elle travaille dans la restauration pour financer ses études. A vingt ans, elle est manager, elle encadre une équipe, découvre qu’elle aime être leader et qu’elle réussit plutôt bien. Sa patronne de l’époque l’encourage. Elle décide d’intégrer la filière universitaire IAES. Elle y passe un brillant master en direction d’entreprises et conseil. Pendant ses études, elle réalise différents stages dans lesquels elle pratique le management des hommes et des organisations, réussissant à chaque fois à améliorer les situations, avec un impact positif sur les environnements. Diplômée, Mélanie ne trouve pas du travail rapidement. Elle n’a pas de réseau. Ses parents proposent sa candidature à la responsable des ressources humaines de leur usine, mais celle-ci leur répond que leur fille est plus diplômée qu’elle ! Mélanie rencontre sur un salon de l’emploi InnComm, un cabinet d’aide à la création d’entreprise. Elle y exerce différentes missions, chargée de mission, consultante, formatrice à la création d’entreprise, elle accompagne des femmes et devient une ambassadrice de l’entrepreneuriat au féminin.

Ces différentes expériences permettent à Mélanie de prendre conscience qu’elle est une femme de challenge, qu’elle aime coacher, accompagner, qu’elle est heureuse lorsqu’elle réussit à libérer tout le potentiel d’une personne. Mais c’est au sein d’une nouvelle structure qu’elle va faire exploser ses compétences de leader tel un feu d’artifice d’innovation dans les relations sociales et managériales. 

La CCI de Lille : un terrain d’expérience et d’innovation managériale

Mélanie décide de quitter InnComm. A cette époque, elle partage sa vie avec un électricien piètre gestionnaire. Mélanie est gérante de cette société et fait face à quelques dettes à l’issue de cette étape d’entreprenariat. Mélanie est alors à la quête d’un nouvel emploi et d’un nouveau challenge. Elle décide de répondre à une annonce de la CCI, bien que ce ne soit pas le type de structure dans laquelle elle avait imaginer travailler. Elle devient consultante en développement durable. C’est une défricheuse, elle secoue les manières de faire un peu poussiéreuse, elle grattouille, elle démange, et puis elle est finalement confirmée dans son poste. Elle manage ensuite une équipe de treize consultants en stratégie. Elle les coache pour leur permettre d’adopter une posture de conseil, de trouver leur place et c’est ainsi que l’équipe monte en puissance. Mélanie a maintenant une équipe solide pour lancer une nouvelle prestation à la CCI : le conseil en stratégie.  En parallèle, elle se forme au co-développement, au co-design, aux bienfaits de l’intelligence collective et aux moyens de l’activer. En 2016, le Directeur Général de la CCI lui explique que l’institution doit se réinventer, comme les entreprises, elle doit imaginer d’autres manières de faire. Il a entendu dire que Mélanie avait un don pour faire travailler les gens ensemble. Elle s’empare du sujet avec passion et mène le projet de transformation des méthodes de travail de la CCI avec 8 groupes de travail et des temps forts tels que le forum ouvert de 2017 qui a réuni 150 collaborateurs de l’institution publique pour co-designer le projet stratégique. En mars 2019, Mélanie est à l’origine avec Dalila Kez du laboratoire des transformations des modèles économiques et organisationnels, le Design Lab. Il s’agit d’un espace au sein duquel collaborent les membres d’une ou plusieurs organisations ou entreprises qui ont envie de se transformer en utilisant la créativité et l’intelligence collective. 

Au fil de ses expériences, Mélanie est devenue une experte reconnue de l’intelligence collective. Elle s’est formée, elle a passé en 2017 un diplôme universitaire en intelligence collective, coaching d’équipe et agilité à l’université de Cergy-Pontoise. Elle a mis en mouvement la CCI Grand Lille, une vieille dame née en 1714. Par sa détermination, sa curiosité, son esprit d’entreprise, elle nous prouve que c’est possible de mener des démarches innovantes au sein de grandes structures qui peuvent sembler compliquer à faire bouger. La CCI est pour Mélanie un réseau de propagation de l’intelligence collective, la Fabrique du Changement est un nouvel espace qui permet d’atteindre encore plus d’entreprise. 

La Fabrique du Changement : un espace pour se changer, se mettre en mouvement et changer son environnement professionnel sur les sujets de l’innovation managériale

Mélanie Vermeersch – Quand début 2019 François Badenes est venu nous parler de la Fabrique du Changement, je savais déjà de quoi il s’agissait. J’étais allée à l’événement nantais en 2017. Nous étions  cinquante personnes réunies à la MEL dans une grande salle. Lors du tour de table, je me rends compte que 80% des personnes sont venues parce que je leur en ai parlé. Le chef de projet de La Fabrique du Changement de Lille était trouvé…

Dans le monde actuel, nos certitudes sont constamment remises en cause, la Fabrique du Changement incarne l’inconnu, l’incertitude. Elle permet d’explorer ce que nous ne connaissons pas, elle est là pour nous surprendre. C’est une communauté qui est loin d’avoir toutes les réponses aux questions que les organisations se posent, mais qui propose un état d’esprit et des outils du “co”, du faire ensemble, pour imaginer ensemble des solutions durables. La Fabrique du Changement permet d’innover dans sa pratique managériale et crée une énergie de l’action. 

La Fabrique du Changement a été initiée à Nantes il y a six ans et est déployée aujourd’hui à Bordeaux, Toulouse et Lyon. Elle débarque à Lille le 14 novembre 2019 pour la première année. C’est le rendez-vous francophone de l’innovation managériale. Le principe : pendant une journée, vivre une expérience apprenante sous le signe de la joie, de l’énergie, avec des actions concrètes et des nouvelles méthodes de travail à mettre en place dans son entreprise. Le fil rouge de la journée du 14 novembre sera : vers un management plus en conscience et en authenticité.

L’intelligence collective est vitale pour les organisations car elle nous ré-apprend à travailler ensemble 

MV – La Fabrique du Changement est un espace pour ré-apprendre à co-créer et propose pour cela des outils nouveaux. Qu’est-ce que nous avons dans nos organisations pour faire bouger le monde ? Des personnes ! L’être humain a besoin d’être utile, sinon il meurt. Ryan et Deci ont travaillé sur le système de l’autodétermination. L’être humain a envie de faire quelque chose de sa propre initiative quand cela sert trois besoins. Le premier est le besoin de compétence, je fais quelque chose efficacement en utilisant toutes mes capacités. Le deuxième est le besoin d’autonomie, j’ai le sentiment d’être acteur de ma vie. Le troisième est le besoin de relation sociale, je suis attentif aux autres et j’appartiens à une communauté, nous partageons un sentiment d’unité. Aujourd’hui, dans beaucoup d’entreprises, les personnes ont le sentiment d’avoir peu d’autonomie et de perspective d’évolution. Il est vital et urgent de nous reconnecter à ce qui nous permet de prendre soin de qui nous sommes. Nous quittons l’ère de la conquête et du combat pour entrer dans l’ère de l’accueil. C’est une polarité plutôt féminine, d’ailleurs un peu plus de 60% des inscrits à la journée du 14 novembre sont des femmes. Une entreprise qui refuse ces postures d’accueil crée les conditions de son échec à court ou moyen terme. Avec notamment l’arrivée de l’intelligence artificielle, de nombreux postes et secteurs vont disparaître en même temps que la raréfaction de matières premières… aussi, si nous n’apprenons pas à collaborer, nous allons finir par nous taper les uns sur les autres. Les enjeux de la collaboration sont de réapprendre à faire ensemble et non pas d’avoir du pouvoir sur l’autre. 

Toutes les méthodes d’intelligence collective apportent des cadres sécurisants pour écouter, débattre et faire émerger les idées. C’est la politique des petits pas : chacun a la possibilité d’exprimer son plein potentiel et de réapprendre à travailler avec l’autre. Force est de constater que nous avons aujourd’hui perdu cette capacité. Concrètement, ces méthodes sont basées sur l’expérience : d’abord je découvre, j’apprends ; puis je m’interroge, qu’est-ce que je fais de ce que je viens de découvrir ; ensuite je décide d’en faire quelque chose, j’expérimente et je me rends compte que cela fonctionne ; si cela ne fonctionne pas, j’expérimente une autre solution. Je fonctionne en allers-retours permanents d’expérience. 

Dans quelle lettre de CRAZY! ? se retrouve Mélanie Vermeersch ? 

Mélanie décide de transformer le Z de Zélé. Pendant toute l’interview, elle a dessiné sur sa feuille pour organiser sa pensée, elle est en train de tracer un papillon. « Je suis Zailée. J’ose incarner cet autrement et exprimer toute ma part de fantaisie. Tout ce parcours m’a permis de déployer mes ailes. Tel un papillon, je bas des ailes pour diffuser du positif et activer les ailes des autres. » 

Prêt à embarquer dans le vaisseau de la Fabrique du Changement ?… Ground control to Major Mélanie…

Plus d’info sur La Fabrique du Changement : la fabrique du changement lille

2 réflexions au sujet de “Mélanie Vermeersch : l’intelligence collective pour guérir les maux des organisations”

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