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Thierry Fouquet : Cheers, le mouvement de l’Innov’action positive, pour se retourner la tête et remettre son cœur à l’endroit.

Sophie Mayeux

Je suis allée au lancement du mouvement Cheers, l’Innov’action Positive en janvier 2019 à Euratechnologies. J’étais à la fois curieuse et enthousiaste de découvrir ce qui se tramait, car cela me semblait très CRAZY! : montrer des acteurs d’initiatitives à impact positif, qui ont décidé de se relever les manches pour faire bouger les lignes et avec lesquels les citoyens ont la possibibilité de s’engager pour agir à leur niveau… tout résonnait. A la fin de la soirée, j’adhère à l’association. Au printemps, je reçois l’invitation pour l’événement Cheers du mois de juin. Je lis le programme : ce serait quand même bien d’en parler dans CRAZY!.

J’ai échangé près de deux heures avec Thierry Fouquet, le vice-président de Cheers. Discuter avec Thierry, c’est comme se laisser traverser par une tornade géante à l’intérieur de laquelle des éclairs d’énergie positive jaillissent de toute part. Quand la tornade est passée, on se sent un peu comme un super héros naissant : on est passablement décoiffé, remonté à bloc, découvrant petit à petit nos super pouvoirs. La seule différence : pas de super combinaison.

Cheers, c’est une histoire dont l’écriture démarre et dont nous sommes tous les écrivains.

Il y a ceux qui débutent l’histoire : 

  • Marc-Antoine Navrez : co-fondateur de Tymate, agence qui accompagne les entreprises dans leur transformation numérique et co-fondateur président de Cheers
  • Coline Fouquet : event manager chez Tymate à l’origine et co-fondatrice de Cheers
  • Delphine Corniaut : co-fondatrice de M La Constellation
  • Thierry Fouquet : vice-président de Cheers et co-fondateur de M La Constellation

Il y a ceux sans qui il n’y aurait pas d’histoire : les porteurs d’initiatives citoyennes positives.

Il y a ceux qui vont faire connaître et vivre l’histoire : tous ceux qui vont participer à faire vivre cette histoire par leur engagement.

Tout a commencé en novembre 2017 avec la première édition du festival de l’Innovation Numérique Positive

Coline et Marc-Antoine lancent le premier festival de l’Innovation Numérique Positive à Euratechnologies. Marc-Antoine veut se rebeller contre le stéréotype selon lequel les êtres humains seront les victimes du numérique. Il décide de démontrer que bien utilisé, le numérique sert la société, la science, l’humanité. Coline et Marc-Antoine organisent de leur propre initiative cet événement et réussissent à faire venir 350 personnes. Thierry Fouquet qui anime la journée fait le constat qu’ils ont, comme lui, un réel engagement pour l’intérêt général. Il faut continuer à faire tourbillonner la spirale positive pour qu’elle s’amplifie et embarque toujours plus de personnes. C’est ainsi qu’ensemble, rejoints par Delphine, ils imaginent Cheers, le festival de l’Innov’action Positive. Le mot “digital” est supprimé pour ouvrir le champ à tous les domaines de la société.

La raison d’être de Cheers : regarder le futur de manière résolument positive et joyeuse

Thierry Fouquet : “Nous regardons le futur de manière résolument positive et joyeuse. Nous avons conscience des problèmes contemporains et des grands défis de demain comme le réchauffement climatique ou la fracture sociétale. Nous ne voulons surtout pas être embarqués dans un mouvement politique. Nous croyons à l’action et à la responsabilité individuelles. J’aime l’exemple du terrain de rugby : il y a toujours au bord du terrain des gens qui savent mieux que l’entraîneur ou les joueurs comment jouer. Eh bien, nous avons envie de leur dire : entrez sur le terrain agir avec nous ! 

Nous voulons faire exploser les silos. Dans un monde complexe, il est urgent d’expérimenter sur le terrain. Les solutions viendront de ces expérimentations qui croisent les acteurs d’horizons différents. Prenons l’exemple de l’association Entreprendre pour Apprendre dans laquelle je m’investis depuis quatre ans avec l’équipe des Hauts-de-France. Cette initiative d’envergure internationale croise les univers de l’entreprise et de l’Education Nationale. Deux mondes que tout à priori oppose. Des enseignants volontaires créent et gèrent avec leur classe une mini-entreprise de novembre à mai. Ils conçoivent, fabriquent et vendent des produits. Chaque classe est parrainée et accompagnée par un chef d’entreprise. C’est une formidable aventure commune qui permet d’expliquer, transmettre, se comprendre les uns les autres, faire TOMBER LES CLICHES et surtout faire ENSEMBLE. Cette année, Lille va accueillir le challenge européen des mini-entreprises. Trois milles enfants vont se retrouver au Grand Palais, c’est formidable. Ces expériences permettent de co-construire un nouveau monde et me donnent tellement de joie de vivre. 

Prenons un autre exemple, celui du Grand Débat National. Les premières conclusions montrent une aspiration à plus de participation citoyenne. Je suis d’accord, mais quand on fait la demande de jouer, on n’est plus dans le y’a-qu’à-faut-qu’on, on mouille son maillot, on se frotte à la complexité. Plus on mettra d’acteurs qui essaient, innovent ensemble, plus on laissera faire, plus on créera des zones de confiance dans lesquelles les actions vont s’épanouir et réussir. 

Ce que nous voulons chez Cheers, c’est démontrer que l’on peut devenir acteur sur toutes les  thématiques de la société. Regardez comment le consommateur a pris le pouvoir avec la marque C’est qui le patron?. Ce sont les outils de la société d’aujourd’hui et du monde moderne qui ont permis cela. Nous allons donc partir des initiatives qui existent, et transformer les spectateurs qui le choisiront en acteurs afin de démontrer qu’il est possible de trouver des solutions tous ensemble.”

Cheers le festival : ça va se passer comment concrètement ?

L’équipe Cheers est partie du constat suivant : 

  • Il existe un monde positif qui bouge et trouve des solutions. Il est méconnu mais a tellement à nous apprendre. Pour accélérer le mouvement, il est important de le mettre en lumière, le révéler et s’inspirer de ses bonnes pratiques. 
  • Les gens ont envie de participer plus activement à la vie de la cité. Mais ce n’est pas toujours aisé de s’engager : ils ne savent pas à quelle porte frapper, ont peur de ne pas être bien reçus, ont peu de temps à consacrer. Il est essentiel de faciliter l’accès à l’engagement. 
  • Les gens sont en quête de lien social. Recréer ce lien pour découvrir de nouvelles personnes, s’ouvrir à son environnement, inclure et non pas exclure, retrouver responsabilité et sens dans sa vie : la solidarité comme ciment de la nouvelle société à construire ensemble.

Voici ce que l’équipe Cheers a imaginé pour répondre à ce constat.

Thierry Fouquet : “Tout d’abord, nous mettons le participant au cœur de l’événement. Il va devenir un véritable acteur, nous ne voulons pas qu’il déambule pendant deux jours de stands en conférences. Nous allons tout faire pour qu’il vive une expérience relationnelle dense et intense. 

Ensuite, nous allons lui donner envie d’agir en faisant témoigner des personnes de la région qui vont changer le monde. Puis, nous allons faire ensemble. Une cinquantaine de personnes innovantes vont se mettre au service des participants pour trouver des solutions aux problématiques de ces derniers. Le principe : cinquante tables rondes pour dialoguer, mélanger les sensibilités, confronter des regards différents. Nous allons décloisonner, pour changer le regard sur le monde. Nous projetons d’emmener des participants visiter des lieux, rencontrer des acteurs innovants, partager leurs expériences, tester et améliorer des innovations en cours de développement. Nous allons aussi faire naître des idées, des projets, des liens positifs. Enfin, nous allons nous amuser. Il y aura des surprises tout au long des deux jours, nous organiserons le premier concert de rock-pitch : un concert de rock ponctué de sept pitchs drôles et joyeux de projets impactants. Nous ouvrirons les pompes à bière à la fin du concert si et seulement si mille personnes se sont engagées à agir dans l’un des sept projets pitchés. Nous vous faisons la promesse suivante : pendant ces deux jours, on va vous retourner la tête et vous mettre le cœur à l’endroit.” 

Cheers, le mouvement

Thierry Fouquet : “Le but de Cheers est de créer une dynamique, de mettre les gens en action positive, dans le respect des uns et des autres. C’est pour cela que Cheers n’est pas seulement un festival. C’est un mouvement ouvert et inclusif qui va créer de l’énergie et de l’enthousiasme. Je pense que la région des Hauts-de-France est un berceau idéal, car elle est porteuse de la culture de la solidarité. C’est dans notre région que le capitalisme familial comme alternative au capitalisme financier s’est développé. Nous avons présenté notre projet à Xavier Bertrand qui nous suit. Nous sommes délibérément ambitieux : dans cinq ans, nous voulons que ce soit un événement national, dans dix ans, un événement international. Libre à chacun de s’emparer du mouvement pour le déployer dans une autre ville ou un autre pays. Nous mettons à disposition nos pratiques en “open source”. Nous voulons proposer un parcours jalonné de rencontres à petite et grande échelle, créer un incubateur de projets… Les idées vont surgir au fur et à mesure des rencontres, des événements et des envies de chaque participant.

Nous mesurerons tout ce que nous entreprendrons, car si toute cette énergie ne crée pas l’action, j’arrête. Lors de la soirée du mois de janvier, nous avons réussi à réunir deux cent-cinquante personnes en mode auberge espagnole géante. Les participants ont été encouragés à s’engager pour l’un des sept projets présents. Nous avons rappelé les sept porteurs de projets la semaine suivante : cent quarante-quatre personnes s’étaient effectivement engagées avec eux.” 

Thierry Fouquet, l’engagement sociétal chevillé au corps

Thierry Fouquet : “Dès que notre entreprise (M La Constellation) a commencé à gagner de l’argent, nous avons décidé de soutenir des associations telles que Médecins Sans Frontières, l’Institut Pasteur de Lille ou une association qui accueille des réfugiés. C’était une fierté interne. Puis, il y a dix ans, ma volonté d’engagement s’est intensifiée. Je me suis dit qu’il fallait que je passe à l’action, personnellement. J’aime cette citation de l’abbé Pierre : – N’attendons pas d’être parfait pour faire quelque chose de bien. Ce qui importe, c’est le chemin. Alors j’ai emprunté le chemin et depuis, j’avance. 

La maladie de mon ami Jean Artigue a été un autre événement déclencheur de mon engagement. Un jour, je l’appelle pour prendre de ses nouvelles. Cela faisait six mois que nous ne nous étions pas parlés. Il m’annonce qu’il a la maladie de Charcot et qu’il est en fauteuil roulant. J’ai reçu cela comme un très grand choc. Mon ami Jean ne bouge plus aucune partie de son corps, a cinq heures de soin par jour. Il a écrit un livre qui va paraître en septembre aux Éditions Les Arènes, Chaque jour est une vie. L’éditeur a confié que c’était le livre le plus fort qu’il ait lu en quarante ans. Quand je pense à lui, je prends conscience que chaque jour est un espace de liberté. Je suis actif dans le domaine du handicap depuis plusieurs années maintenant. Accompagner des personnes en situation de handicap me procure une vraie énergie et m’empêche de me laisser embarquer dans mes petits problèmes du quotidien. Avec l’association Entreprendre pour Apprendre, j’accompagne une mini-entreprise d’enfants en situation de handicap au sein de l’IEM DABADIE. A travers ce projet, nous avons constaté des améliorations psychologiques, fait émerger des talents à la surprise émerveillée des éducateurs qui ont vu des enfants s’ouvrir au monde et prendre confiance en eux. Cela est la preuve que faire ensemble a des vertus insoupçonnées que nous n’utilisons pas assez. C’est grâce à cette conviction que je mène le projet fou d’ouvrir avec l’équipe de direction de l’IEM DABADIE, des associations, des grandes entreprises, une grande “maison” qui accueillera des personnes en situation de handicap, un coworking, des espaces dédiés aux entreprises, pour inclure, mettre en lien toute cette diversité et provoquer des chocs d’énergie pour co-créer. 

Enfin, en tant que chef d’entreprise, je pense que ma responsabilité est d’être le plus engagé possible. » 

Dans quelle lettre de CRAZY! se retrouve Thierry Fouquet ? 

Thierry Fouquet : “Dans le Y de Yes it’s possible ! Yeeees! C’est comme Cheers ! “Oui” est un mot qui sonne comme le premier acte de notre liberté d’agir, quelqu’un qui dit “Oui”, c’est quelqu’un qui se lève. “Oui”, c’est le courage, l’envie, l’énergie, la prise de conscience qu’il faut sortir de l’étau de la désespérance. 

Je me retrouve aussi dans le R de Rêveur. J’ai créé une première entreprise que j’ai quittée. Cela a été une période difficile. Ma mère m’avait envoyé une carte pour me soutenir avec cette phrase de Modigliani : – Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Cela fait tellement écho. Au nom de quoi devrais-je enfouir mes rêves ? Cette phrase me porte depuis plusieurs dizaines d’années maintenant. Dans ce monde complexe, exprimons nos rêves. En tant que manager, mon devoir est que mes collaborateurs aient des rêves et de les encourager à les réaliser. Mon rêve a été de refaire du théâtre. Eh bien, je l’ai concrétisé. Avec un copain, nous avons joué notre pièce une fois au Sébastopol et deux fois au Colisée. A présent, j’ai envie de rêve plus juste et plus incarné.”

Thierry Fouquet a désespérément foi en l’être humain. Il croit que le faire ensemble a des vertus positives car il l’a expérimenté et en a constaté les résultats optimistes. Il veut en finir avec la stigmatisation des personnes politiques et des entreprises en partant du principe qu’elles font aussi des choses bien. Pourquoi ne pas s’en inspirer plutôt que de critiquer ? Pourquoi ne pas dupliquer ce qui fonctionne ? 

Thierry Fouquet : “Pierre Giorgini, (président et recteur de l’Université Catholique de Lille), raconte que dans l’univers scientifique, appliquer une équation rigide pour résoudre un système complexe crée le chaos. En revanche, en implémentant au fur et à mesure de petites modifications, le système va évoluer. Il démontre très bien comment cette théorie s’applique à la complexité du monde actuel. Je suis convaincu que c’est la méthode à utiliser pour transformer notre monde.” 

 

Cheers est le nouveau rêve de Thierry Fouquet. Un mouvement pour faire entrer dans la danse, donner à chacun dans sa différence la possibilité d’agir, devenant ainsi un citoyen libre et responsable. Pour Thierry, la vraie politique vient du terrain et il veut contribuer à accélérer la tendance. Ça fait du bien de se dire que tout n’est pas foutu, qu’il existe des solutions à partir de l’instant où l’on décide de se mettre en action et d’agir ensemble. Alors cap’ ou pas cap’ de vous inscrire pour les 12 et 13 juin et de faire du bruit autour du positif ?  

 

Pour plus d’info : Cheers le festival

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