Karine Baillet : sans limites

Sophie Mayeux – 2012

Karine est une sportive de haut niveau. A sa rencontre, chacun est immédiatement conquis par cette grande femme souriante dont émanent santé et sérénité. Sûre d’elle, Karine irradie l’espace de sa présence, et au bout de quelques minutes, vous êtes convaincu qu’il faut se remettre au sport ! Karine a commencé le sport à six ans par le handball. Puis, elle démarre l’athlétisme l’année suivante au Touquet. Mais assez vite, elle étouffe sur la piste. Elle est attirée par les grands espaces, elle aime respirer l’air de sa chère Côte d’Opale. A dix-sept ans, elle s’embarque dans une équipe de raid. Son rêve de participer au Raid Gauloises s’exauce en 1998 en Equateur, et elle n’a plus qu’un seul objectif, gagner cette course, ce qu’elle réussit en 2002. Son attirance pour les sports qui allient l’extrême et la nature ne va jamais se tarir. S’enchaînent alors intensivement et passionnément les raids ( elle est vice-championne du monde en 2006 et 2007 ), les courses à pied, à vélo, en bateau. Karine arpente les routes du monde entier. Les kilomètres et les victoires s’accumulent, jamais Karine ne se fatigue, jamais elle n’abandonne. « Lorsque j’ai participé au Raid Elf au Brésil, en 2000, tous mes coéquipiers ont abandonné. J’ai fini avec d’autres rescapées féminines. » Karine a un mental à mettre KO Rocky ! Les limites n’existent pas pour Karine. Entre deux compétitions, elle trouve un peu de temps pour quelques records et défis. Elle est la première femme à avoir traversé la Manche en wakeboard ( snowboard façon ski nautique en funboard ), kayak et catamaran de sport. Elle est la première femme et seul pilote à avoir enchaîné les courses de quad et de moto en solo de l’Enduropale du Touquet. Il faut suivre le rythme !… Est-ce que Karine a ralenti aujourd’hui ? « Je vieillis. » Si elle chausse   ( un peu ) moins ses baskets, c’est pour enfiler ses talons hauts et arpenter les conférences, les conventions d’entreprises et coacher les équipes dans leur management. Son moteur est maintenant de transmettre et faire partager sa passion du sport, d’expliquer comment construire une équipe, la faire vivre et gagner. Elle a aussi créé une école du raid au Touquet, afin d’encourager les enfants à faire du sport. Elle organise depuis 2001, le Touquet Raid Pas-de-Calais, le plus gros raid en France pour les enfants, adolescents, adultes et VIP, et depuis 2012 le Touquet Raid Amazones, un événement pour les femmes, qui lui tient particulièrement à coeur. Elle répond toujours présente aux sollicitations médiatiques pour intervenir et parler de l’activité sportive. Pour Karine, le sport est un besoin vital, c’est aussi un engagement infaillible et sans répit. Aujourd’hui, elle est convaincue que pour être efficient et performant, il faut être bien dans son corps ( le physique) , dans sa tête ( l’intellectuel ), dans son coeur ( l’émotionnel et le relationnel ), et trouver un véritable équilibre entre vie et travail. Existe-t-il des différences entre hommes et femmes dans le raid ? « Dans le sport, les femmes y vont à fond, elles sont passionnées. Elles ne baissent pas les bras. En raid, au début d’une course, les femmes se font souvent aider par les hommes. Cependant au final, ce sont en général elles qui les aident à aller au bout. Les femmes doivent passer un premier palier de résistance, mais après, elles sont souvent plus combatives que les hommes. Elles ne lâchent rien et ne se découragent pas facilement. »

Est-ce compliqué aujourd’hui d’être une femme ?

« Non, au contraire, pour moi c’est un atout. Dans mes interventions en entreprise, les gens sont séduits par le fait de voir une femme, alors qu’ils sont habitués à voir des hommes dans ce genre de sport et dans le conseil en management. »

Mèneriez-vous votre action de la même manière si vous étiez un homme ?

« Je suis fière d’être une femme, mais j’aime surtout la mixité. Elle permet la performance en raid et dans toute équipe en général, comme en entreprise par exemple. Mon regard et ma sensibilité de femme expliquent certainement mon parcours. Je pense que si j’étais un homme je réagirais différemment… Maintenant, cette touche féminine est importante pour moi. »

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