Lily Gros et Edith Maulandi : les audacieuses fées de la joie

Sophie Mayeux

J’ai rencontré Lily pour la première fois en 2013 alors que je participais à l’équipe communication pour l’organisation du premier TEDxLille. Bien sûr, Lily était de la partie. Et puis j’ai continué de la suivre sur les réseaux sociaux, jusqu’à ce jour où j’ai reçu une invitation à aimer sa page Facebook Les Joyeux Audacieux. Une page autour de la joie et de l’audace, de l’audace joyeuse, de la joie audacieuse, très CRAZY! tout cela. Je décide d’en savoir plus. Convaincue, je contacte Lily, elle sera mon prochain portrait CRAZY!. Je découvre que derrière les Joyeux Audacieux, elles sont deux, Lily et Edith, deux jeunes femmes de 26 ans et demi, (oui, en fait l’une a 26 ans et l’autre 27, alors elles m’ont dit de couper la poire en deux et de dire qu’elles avaient 26 ans et demi). OK pour les interviewer toutes les deux. La première est à Aix-en-Provence et la seconde à Katmandou, qu’à cela ne tienne : nous ferons l’interview à distance. Lily me demande de télécharger l’application appear.in. Je ne connais pas, et là je me dis que je suis en plein milieu de la fracture numérique… Je reçois ensuite une invitation pour la conversation « superappeldeouf », et là je me dis, « Tu es vieille »… Go pour le « superappeldeouf ». Je vois apparaître sur mon écran d’ordinateur dans ma véranda à Lille deux petites fenêtres, l’une avec Edith que je découvre et l’autre avec Lily, deux sourires joyeux et lumineux. Edith est dans un restaurant à Katmandou, il y a de la musique, et la connexion Wi-Fi est bien meilleure que la mienne.

Edith : le voyage pour apprivoiser la vie

Edith est montpellieraine. Elle adore le soleil et la mer, mais elle aime par-dessus tout le voyage pour les formidables opportunités qu’il offre. Elle est partie pendant ses études durant un trimestre en Inde. Cette expérience a provoqué chez elle un grand chamboulement engendrant questionnement et étonnement. Elle a ensuite reproduit l’expérience du voyage en solitaire, pendant dix jours, puis un mois. Elle est maintenant partie depuis le mois de janvier 2017, pour un grand tour en Asie. Elle a parcouru la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, la Malaisie, la Chine, le Japon et est en ce moment au Népal. A chaque étape, elle reste un peu, pour passer du temps avec les gens, s’imprégner du pays et de sa culture. Elle offre ses compétences contre le gîte et le couvert. Elle trouve les propositions de services via des sites internet ou des pages Facebook spécialisés, et répartit son temps entre travail et découverte du pays. « Le voyage fait partie de ma vie. En rentrant en France, je voudrais trouver un moyen de continuer le voyage en accueillant à mon tour, afin de rendre tout ce que j’ai reçu pendant chacune de mes étapes, » m’explique Edith.

Ce grand voyage est réalisé dans le cadre d’une année sabbatique octroyée par son entreprise. Edith est ingénieur en informatique. Elle a fait ses études à Toulouse. Elle est ensuite partie à Paris rejoindre un cabinet de conseil au sein duquel elle a déjà expérimenté le « break » avec un service civique de six mois au sein d’Enactus, association qui développe l’esprit d’initiative et le sens de l’engagement des jeunes au service de la société. C’est là qu’elle rencontre Lily. «  Après cette première expérience associative, je suis revenue dans mon entreprise, j’ai eu de nouvelles missions pendant un an, je me suis réadaptée. Mais le voyage est revenu me chatouiller. L’Asie, l’Inde m’appelaient. J’aime tout là-bas : les gens, la nourriture, leur manière de penser. Mon cabinet a accepté que je parte de nouveau un an. J’ai par exemple appris à construire des maisons en bambou avec de la bouse de buffle et en ce moment je brasse de la bière au gingembre. Il n’y a que 1% d’alcool et c’est très parfumé, » me dit Edith en riant.

A 26 ans et demi, Edith est curieuse et avide de découverte. Je ressens que ce sont des besoins vitaux pour elle. « J’ai envie de contribuer à une coopération entre différents acteurs qui œuvrent pour un intérêt commun. Je suis très inspirée par le livre d’Yvon Chouinard sur l’histoire de Patagonia. Cet ouvrage montre comment il a surmonté les crises de l’entreprise pour en faire une société responsable et où il fait vraiment bon travailler. J’essaie d’avoir un impact positif sur mon environnement. » Edith fait preuve de la sagesse et de la maturité d’une grande voyageuse expérimentée. Elle a déjà appris bien des choses sur la vie. « Je réalise qu’il existe autant de personnes que de façons de voir le monde. Chacun est heureux à sa manière. Il n’y a pas de recette unique, mais quelques ingrédients sont nécessaires : avoir une posture d’ouverture et un regard curieux sur le monde, et aussi lever ses propres limites. C’est à chacun d’entre nous de trouver son chemin vers le bonheur. Même si la vie n’est pas simple chaque jour pour tout le monde, je rencontre des gens qui ont trouvé leur voie vers le bonheur. En voyageant, j’ai une sensation constante de gratitude et d’émerveillement. Je m’efforce de me rappeler cet état lorsque ça va moins bien. Cela restera un enseignement très important pour moi que je continuerai de m’appliquer. Aujourd’hui je travaille dans le conseil et c’est une expérience très enrichissante. Mais je me questionne beaucoup sur le sens de ce que j’y fais. Je voudrais mettre au service des gens ce que j’ai appris, et entreprendre conformément à mes valeurs, » me confie Edith.

Lily : empowerment girl 

Lily est une boule d’énergie. « Mon fil rouge, c’est l’empowerment. Je voudrais donner le pouvoir à chacun de vivre sa vie de manière autonome et responsable : la société, le système éducatif, ont parfois tendance à enfermer les gens dans une case, un rôle social. Je souhaite que chacun ait la capacité de rêver et de s’accomplir. » Lily est la super héroïne de l’empowerment. Qu’est-ce que cet anglicisme barbare ? En français on dirait autonomisation ou capacitation, mais c’est tout de suite moins percutant. Il s’agit de donner aux individus les clés pour avoir le pouvoir (power) d’être autonome dans la vie et de devenir un acteur de son environnement social, économique… « Je me suis donné des missions dans la vie : 1/ faire en sorte que le sens sourient et transmettre les clés pour vivre de manière positive. 2/ Voir le positif jour après jour, c’est très important pour moi. 3/ Donner à chacun les clés pour pouvoir vivre ses rêves. »

Lily a démarré sa carrière professionnelle chez Décathlon. Elle avait pour mission de communiquer sur les textiles fabriqués de manière responsable et durable. Elle a beaucoup appris sur le fonctionnement d’un groupe de la grande distribution. Mais elle voulait aller au-delà. En 2012, Lily se fait accompagner par Enactus pour développer son propre projet dans l’économie sociale et solidaire. Le premier projet n’est pas allé à son terme, mais le second continue très bien et a été transmis à d’autres bénévoles qui le gèrent maintenant en annexe de leur vie professionnelle. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, il s’agit de Disco Soupe Lille, mouvement solidaire qui oeuvre à la sensibilisation du grand public à la problématique du gaspillage alimentaire, le tout dans une ambiance musicale et festive ! Puis, elle a eu envie de faire vivre cette aventure de l’entrepreneuriat social et solidaire à d’autres étudiants. C’est ainsi qu’elle rejoint Enactus dans le cadre d’un service civique pour accompagner des étudiants sur Lille et Paris, puis crée l’antenne Enactus des Hauts de France. « Je suis restée à Enactus Hauts de France jusqu’en juillet 2017. Je suis fière d’avoir créé cette antenne, d’avoir créé un poste et toute une équipe en recrutant des personnes qui avaient notamment fait leur service civique chez Enactus. » Lily quitte la région pour suivre son compagnon muté à Aix-en-Provence et y crée un nouveau poste Enactus. Sa mission :  lancer et développer le pôle prestations d’accompagnement en ingénierie pédagogique et formation en innovation sociale, auprès d’une cible d’incubateurs, de collectivités, de structures de l’enseignement supérieur et d’entreprises.

Lily est une boulimique de la nouveauté, de l’action et de l’activité neuronale. «  Je suis très curieuse, j’aime la nouveauté. J’aime rencontrer de nouvelles personnes, chercher, puis agir. Je développe sans cesse mes compétences. Depuis plus de 4 ans, j’ai démarré une démarche de développement personnel. Je suis en ce moment une formation pour devenir animatrice de yoga du rire. Il s’agit de s’exercer à rire pour relâcher la pression, faire circuler l’air dans le corps et ainsi libérer les hormones du bonheur. J’ai envie de développer mon pouvoir de créer des étincelles ! »

Edith et Lily : la rencontre qui fait des étincelles

Edith et Lilly se rencontrent au sein d’Enactus, discutent, et restent connectées. Pas étonnant, elles partagent les mêmes valeurs et la même énergie pour changer le monde. Lily écrit des articles sur Medium.com. Medium.com est une plate-forme logicielle, collaborative, de publication en ligne. Le but est d’inviter à l’écriture d’articles longs et de faciliter leur lecture. Chaque contributeur a un compte et sur lequel il poste ses articles qui peuvent être aimés, partagés, commentés. Edith suit Lily sur cette plate-forme et les réseaux sociaux. Un jour, elle est attirée par l’un des articles de Lily expliquant sa démarche personnelle d’écriture. Il s’agit d’écrire 2minutes 17 par jour pour se souhaiter de bonnes choses à soi-même. Lily invite ses connaissances à faire l’expérience pendant deux mois durant l’été 2017. Edith s’y inscrit, bien sûr. A l’issue de l’aventure, Edith et Lily constatent que cette démarche a eu un fort impact chez certains participants, car ils ont vraiment changé des choses dans leur vie, ou s’étaient mis en action. Elles décident alors de pousser le concept. Tout a ensuite été très rapide. Le temps d’affiner le concept durant une journée, les Joyeux Audacieux prennent vie.

Les Joyeux Audacieux : une cure de vitamine positive

Les Joyeux Audacieux, c’est donc une communauté qui permet de se mettre en action. Comment ? A l’aide d’un programme de six semaines au cours duquel chaque participant décide d’écrire quotidiennement ce qu’il se souhaite de positif, pour changer son regard sur son environnement, tout cela épaulé par le collectif. Car l’on n’est pas livré à soi-même chez les Joyeux Audacieux. Chaque programme regroupe une vingtaine de personnes au maximum qui se suivent et s’encouragent, en vrai lors de rassemblements, ou à distance via les réseaux sociaux. Le but est que chacun prenne conscience qu’il a la capacité de changer sa propre vie.

Concrètement, on s’inscrit sur le site des Joyeux Audacieux. Le dernier programme a commencé le 9 octobre 2017 pour une durée de six semaines. On formule son intention positive pour les six semaines à venir. Et chaque jour, on écrit cette intention, au même moment de la journée, pour l’inscrire comme un rituel. Un groupe fermé est créé sur Facebook de manière à garder confidentiels les échanges entre participants qui apprennent ainsi à force d’échanges à se connaître, qui s’encouragent, se conseillent les uns les autres. Des sessions sont organisées pour discuter tous ensemble via le web en direct, en début, milieu et fin de programme. Un événement est organisé pour se rencontrer dans la réalité, participer à des ateliers et assister à des conversations inspirantes. L’écriture est un vrai défi : cela permet de se retrouver face à soi-même, de faire résonner les mots en soi et d’ancrer la motivation.

Qui participe aujourd’hui à ces programmes ? Des personnes de tout âge, de vingt à cinquante ans, qui ont envie de (re)mettre le positif au centre de leur vie professionnelle et / ou personnelle. D’une manière générale, ce sont des personnes en quête de sens et les Joyeux Audacieux est un outil qui leur permet d’agir sur leur vie personnelle de manière à impacter leur vie professionnelle.

Edith et Lily sont pleines d’ambition. «  Nous avons envie d’apporter à chacun cette capacité d’agir pour son propre changement, et ainsi avoir un impact sur son environnement. Nous aimerions aussi proposer d’accompagner ceux qui se trouvent dans des situations délicates pour leur redonner une perspective et un élan positifs. Enfin, nous voudrions que le programme essaime, nous voudrions former des personnes pour qu’à leur tour elles créent et animent des communautés de Joyeux Audacieux et ainsi transmettre toute cette énergie telle une onde positive. »

Dans quelles lettres de CRAZY se retrouvent Edith et Lily ?

Pour Edith, le choix est très vite fait. « Le R de Rêveur et le A d’Audacieux sans hésitation. Ce sont les valeurs que je défends dans notre projet des Joyeux Audacieux. Rêver sa vie, ne pas se limiter, la combinaison du rêve et de l’audace est puissante. L’audace me permet de d’avancer quand j’ai peur. »

Lily se retrouve dans le R de rêveur, le A d’Audacieux, le Y de Yes, It’s possible ! « J’aime beaucoup de Y de YES, un vrai OUI à la vie comme un élan d’énergie. J’aime être dans cet état d’esprit de l’action. »

Nous raccrochons. Il est 17h15 à Katmandou, Edith part dîner. Il est 6 heures de moins dans ma véranda, Lily repart à ses activités à Aix. Ce superappeldeouf m’a fait rajeunir de plus de trente ans et je me demande qui peut bien encore douter de l’énergie étincelante de cette nouvelle génération !

Page Facebook : @LesJoyeuxAudacieux

Site internet Les Joyeux Audacieux : c’est par ici !

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