LUC SAMAILLE : « J’aime l’humanité, avec toutes ses emmerdes. Mais qu’est-ce que je l’aime !»

Luc Samaille est un grand fan de Linda Lemay et de Daniel Balavoine. Ce n’est pas là son seul « défaut ». Avec ses faux-airs de David Hallyday et son sourire ultra brite, il a le don de vous désarçonner. Dans ce café où nous nous sommes donnés rendez-vous, je le vois s’avancer vers moi. On ne se connaît pas. Très vite, le courant passe. En quelques minutes, je sais que quatre à cinq heures par nuit lui suffisent pour mener sa vie tambour battant. A 48 ans, Luc Samaille a la fraîcheur d’un jeune homme encore ébloui par la vie, porté par cette positive attitude qui ne le quitte plus, depuis cette nuit de septembre 2014, où levé à 3h30 du matin avec « Les Oiseaux » de Balavoine (Partie 2), il entend ces paroles : « Réveille-toi debout ; Tiens-toi droit ! On va leur montrer, Qu’on peut tout changer ». Pour lui, c’est une révélation. « Cette nuit là, j’ai écrit. J’ai reçu une incroyable énergie et je me suis dit : il faut que je la redonne aux autres. Depuis lors, je n’ai plus jamais connu une seule baisse de régime. » Cet état de positive attitude, il l’entretient quotidiennement : « Je fais des exercices tous les jours. J’ai relu la méthode Coué « Tous les jours, je vais de mieux en mieux », et je m’efforce chaque jour de propager cette énergie à mon environnement le plus proche. » Auprès de son épouse et de leurs deux filles, au travail, à la boulangerie, dans le métro. « C’est fou, l’effet que ça fait. D’un seul coup, un regard s’ouvre, des opportunités se créent, des gens se mettent à te parler. » Parfois, il a aussi conscience qu’il peut fatiguer, agacer, déranger, amuser. Mais il s’en fiche. Luc Samaille est un homme libre.

A 15 ans, il décide d’être comédien

Pourtant, il revient de loin. A l’âge de 15 ans, captivé par un professeur de français du lycée Saint-Exupéry à Roubaix qui lui fait découvrir le théâtre avec « La Cantatrice Chauve », il décide d’être comédien. Il réussit le concours de l’Ecole nationale d’art dramatique de Lille et s’embarque pour trois années d’études dont la dernière à Paris. Il y restera sept ans, jouant le répertoire classique et contemporain du théâtre français, de  Racine à Mesguich, en passant par l’Irlandais Frank McGuinness. En 2001, il interprète « Quelqu’un pour veiller sur moi », une magnifique pièce écrite par le dramaturge irlandais, qui prend aujourd’hui tout son sens et résonne de façon troublante dans l’actualité du moment. Une pièce qui explore la crise quotidienne endurée par trois otages retenus au Liban, un Anglais, un Irlandais et Américain, dont la force provient de leur manière de communiquer, à la fois délicate et mondaine, de leur humour, de leur imagination, de leur intelligence et de leur foi. « Cette pièce très engagée, à la fois drôle et touchante, m’a profondément marqué. » Il décide d’en faire une adaptation personnelle. Cette pièce sera jouée trois mois durant par la Compagnie du Théâtre Octobre à laquelle il appartient à l’époque.

Curieux de nature, amoureux du genre humain

40 ans. Sonne l’heure de la crise. « J’ai toujours fait du théâtre pour être un poseur de questions, pas pour avoir des réponses. Or, le métier de comédien me donnait trop de réponses, ça m’a lassé. Dans ce milieu trop nombriliste, je ne trouvais plus de plaisir. Pire, j’étais malheureux. » S’en suit une traversée du désert. Jusqu’au jour où un ami lui propose de mettre ses talents de comédien au service de la formation en entreprise. Pendant quelques semaines, Luc formera cinq milles personnes dans toute la France pour le compte de la marque au lion. « J’étais capteur d’émotions 24h sur 24h, c’était une expérience très enrichissante ». A tel point qu’en 2009, il décide d’en faire son métier et s’associe à un spécialiste de la formation pour créer « Du’o ». Puis, il se rapproche de son ami Thierry Fouquet, dirigeant d’entreprise et comédien à ses heures, homme de projets comme lui, ensemble ils avaient créé en 2008 la pièce « Entre d’eux », et rejoint la constellation Mobilis Productions. Depuis un an, Luc Samaille a vu son activité exploser. Entre temps, ce curieux de nature a beaucoup lu, il s’est formé à la PNL (programmation neuro-linguistique) et à l’analyse transactionnelle particulièrement utile dans les entreprises qui introduisent des changements de métier, d’organisation, de culture, de processus, pour traîter la dimension humaine de ces changements. « La part de l’humain est primordiale. Pour nous qui allons vers une société digitale, la relation humaine est de plus en plus essentielle », explique celui qui a enfin surmonté totalement son complexe de l’autodidacte. « J’assume ce que je suis ainsi que mon parcours. » Et il ajoute : « Dans un monde qui va de plus en plus vite, il est nécessaire de prendre du temps pour soi, de se poser pour prendre du recul sur sa vie.  Oui, c’est compliqué, mais c’est en même temps tellement simple. » Simple comme un bonjour. Simple comme un sourire de Luc Samaille ! Ce sourire qui lui valu à 18 ans cette remarque d’un professeur sur son bulletin scolaire : « Dommage que le sourire ne fasse pas tout. » « Oui, mais ça y contribue », avait-il répondu. Ce sourire, sans doute son plus fidèle compagnon dans la vie.

Dans quelle lettre de CRAZY ! se retrouve Luc Samaille ?

« Sans hésiter, le R de Rêveur, car oui, il faut des rêves ! Et puis le Y, de Yes, pour les réaliser. Ces deux lettres sont indissociables. »

En savoir plus :  www.objective-duo.com

Anne Diradourian

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