LUC SIMMONET, Optimiste chacun peut le devenir s’il le décide…

Luc Simonet n’est pas un illuminé. Pourtant, lui-même le dit, amusé : « Je crois qu’on me prend moins pour un dingue qu’avant ». Dans sa maison art-déco de Bruxelles, cet avocat fiscaliste belge nous accueille avec toute la chaleur et la bienveillance qui font la réputation du plat pays. L’œil est malicieux, la démarche volontaire, le verbe affûté. L’homme sait de quoi il parle, le discours est maîtrisé. Il use et abuse de citations. Il cite Tolstoï (« Si vous voulez être heureux, soyez-le ! »), Victor Hugo, Emmanuel Kant, Goethe, Nietzsche, Simone de Beauvoir et Voltaire (« J’ai choisi d’être heureux. C’est mieux pour la santé »).

L’optimisme est un état d’esprit, une discipline.

Luc Simonet souhaite « remettre de la joie dans les liens plutôt que dans les biens ». C’est ainsi qu’il fonde en 2005 La Ligue des Optimistes du Royaume de Belgique, et dans la foulée un nouvel état : l’Optimistan. « Cet état ne revendique aucune indépendance, mais au contraire une totale appartenance aux valeurs universelles. L’Optimistan est un Etat où chaque citoyen est enrichi de la différence de l’autre. L’Optimistan est un Etat itinérant, sans territoire, un Etat caravanesque, si l’on ose ce néologisme, dont la capitale est établie chaque année dans une autre ville ». Un Etat de conscience qui délivrera bientôt un vrai passeport pour ses citoyens. Une manière plutôt romanesque de faire passer des idées sérieuses avec légèreté, car finalement « il n’y a rien de plus ennuyeux que les gens qui se prennent au sérieux, vous ne trouvez pas ? ».

Mais que sait-on au fond de Luc Simonet, soixante-et-un ans, père de trois enfants ? Avocat fiscaliste, conseiller suppléant à la Cour d’Appel de Bruxelles, il s’aperçoit un jour que l’enthousiasme n’est plus au rendez-vous. Il décide de jeter l’éponge et confie les rênes de son cabinet à ses collaborateurs. Quelques semaines plus tard, en août 2005, lors de vacances familiales en Toscane, il entend sa fille Charlotte s’écrier « Zut, il pleut ». Il la reprend aussitôt en l’invitant à voir les choses différemment : « Dis plutôt, c’est un beau jour de pluie ». De retour en Belgique, il fait fabriquer une cinquantaine de parapluies sur lesquels s’affiche la formule qui allait devenir le premier slogan de l’optimisme : « Il est trop tard pour être pessimiste ». La Ligue des Optimistes du Royaume de Belgique est née et compte aujourd’hui 5 000 membres dans le Royaume. Un succès immédiat qui donnera naissance en 2008 à l’association Internationale Optimistes sans Frontières. En France, l’association éponyme compte dans ses rangs des personnalités reconnues comme Philippe Gabilliet, Jean d’Ormesson, Eric-Emmanuel Schmidt.

Mais comment fait-il au quotidien ?

Mais, dans la vie, cet optimisme convaincu l’est-il vraiment tous les jours ? Même pas l’ombre d’un « jour sans » dans la vie de cet homme très occupé ? « Bien sûr que si. En vérité, je suis toujours sur le fil du rasoir. Comme dit Philippe Gabilliet, expert français de l’optimisme : Si vous n’êtes pas convaincu par l’optimisme, essayez donc le pessimisme… ». Et Luc Simonet de poursuivre : « Je ne suis pas un fou du concept du bonheur. Je suis plus attiré par le sens de la vie. L’idée de la joie me paraît importante. Il y a un vrai rapport entre la joie et l’optimisme. Notre société est en danger. Une réflexion profonde et créative est à mener de toute urgence. Si l’on décide de changer le monde, on peut y arriver. La Ligue des Optimistes veut initier une révolution culturelle fondée sur un optimisme volontariste et pas sur un optimisme béat, qui est une sottise. Elle veut encourager la révolution de la confiance en l’avenir, cette confiance qui engendre le désir et le plaisir d’entreprendre pour que demain le monde soit plus beau, plus juste, plus humain qu’il ne l’est aujourd’hui ».

On ne peut pas être optimiste chacun dans son coin.

Agir et entreprendre ensemble … Luc Simonet n’a pas attendu de le dire pour le faire. La Ligue des Optimistes du Royaume de Belgique est engagée dans le projet Douche Flux, qui aide les plus démunis à Bruxelles afin de leur redonner énergie, dignité et estime de soi. En 2008, un tramway rose, customisé aux couleurs de la Ligue (rose et argenté), avait sillonné les artères de la capitale belge, créant le buzz. Puis, il y eut le monospace électrique de l’anthropologue belge, Xavier Van der Stappen, qui a relié Bruxelles à Dakar en 2009 sans utiliser une seule goutte d’essence. « Je pense qu’on ne peut pas être optimiste chacun dans son coin. L’optimisme est une philosophie fondée sur la responsabilité de chacun ». Mais soyons rassurés : « Chacun peut devenir, s’il le décide, optimiste. Je refuse l’idée que ce soit héréditaire. Bien sûr, l’éducation nous influence tous. Mais combien de personnes ai-je vu s’en sortir après avoir vécu dans un merdier épouvantable. Il suffit juste d’y croire ! ». Bonne nouvelle, assurément.

Dans quelle lettre de CRAZY ! se retrouve Luc Simonet ?

Il est temps de quitter Luc Simonet. A regrets. Le temps est passé bien vite, entre les murs de cette maison chaleureuse et baignée d’optimisme. Avant de partir, cette dernière question : dans quelle lettre de CRAZY ! se retrouve Luc Simonet ? « Sans hésiter, le R de Rêveur ! Rêver sa vie, rêver d’un monde meilleur. Rêver que l’on a la capacité d’apporter réellement quelque chose, croire en son pouvoir de faire quelque chose ».

Nous aussi, on veut rêver, et surtout y croire !

Anne Diradourian.

.Luc Simonet, president de la ligue des optimistes

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